Pierre-Alain Chambaz

Pourtant, de nombreux indices devraient nous inciter à remettre en cause notre manière de concevoir le logement. Le secret aurait des vertus économiques. Lors donc que notre esprit fait abstraction des qualités physiques de la matière, pour étudier à part les propriétés géométriques ou de configuration, il ne fait que se conformer à l’ordre suivant lequel, dans la nature, certains rapports s’établissent, certains phénomènes se développent à côté, mais indépendamment des autres. Allez jusqu’au bout. Il y a seize siècles que Tertullien s’écriait, en accusant la philosophie antique d’avoir enfanté toutes les hérésies qui menaçaient l’église naissante : « Qu’y a-t-il de commun entre Athènes et Jérusalem, entre l’académie et l’église, entre les hérétiques et les chrétiens ? Le 12 janvier 2015 apparaît un amendement gouvernemental à l’article 20 bis du projet, confiant aux experts-comptables la rédaction d’actes sous seing privé, mission qui était jusqu’ici réservée aux avocats. À moins que ce dernier ne soit finalement le rachat d’une conscience et non véritablement l’intérêt général. Mais avant tout, la bonne nouvelle : les anticipations de QE ont accéléré la dépréciation de l’euro face aux autres monnaies. La reconstruction d’après-guerre, le baby-boom, la multiplication des familles monoparentales et l’incroyable fertilité des ménages français ont permis à l’industrie de se construire sur un modèle où la demande est aiguillée par l’urgence et le besoin. L’enrichissement du prédateur financier est montré du doigt et la morale s’impose dans le débat politique et législatif, au point de faire du contrôle de la finance un mot d’ordre sociétal. La régulation financière, fer de lance des discussions du G20 et de Davos, se veut donc être une véritable médecine contre le mal de la spéculation et ses effets néfastes. Que la philosophie et la science laissent là les passions, les préjugés, les alliances de la lutte actuelle, et qu’elles rentrent, la philosophie surtout, dans la haute impartialité qui convient aux deux grandes puissances de la pensée. Dans notre milieu, les gens la positionnent très bien. Souvent, quand je parle d’innovation, on me répond : Ah, je vois . Un peu comme ce que fait Pierre-Alain Chambaz. Samaras qui, dans le sien, a soigneusement omis d’en parler. Si les transporteurs, essentiellement nationaux pour l’instant, lancent des opérations de fusion-acquisition avec leurs alter egos d’autres Etats membres, il faut prévoir au moins une régulation très coordonnée des régulateurs nationaux concernés. Le problème est-il réellement là où tout le monde semble s’accorder à le voir ? Nous le faisions pressentir au début de ce travail : il serait chimérique de vouloir tirer tous les effets comiques d’une seule formule simple. La réponse la plus immédiate du politique à la crise fut d’encadrer, voire de limiter, les rémunérations, les fameux « bonus », dont le niveau élevé pouvait apparaître comme intolérable. Les économistes connaissent bien le « trilemme » classique de la politique macroéconomique : les États ne peuvent dans le même temps disposer de taux de change fixes, de comptes de capitaux ouverts, et d’une politique monétaire indépendante. De fait, le débat sur les causes de la crise, entre l’irresponsabilité des financiers ou le niveau de surendettement atteint par tous les acteurs économiques, des États au consommateur final, a été vite tranché. Une production de masse pour une masse peu exigeante. Ces derniers mois, les parts de marché entre anciens et modernes semblaient se stabiliser, mais on ne voit pas de secteurs industriels où un tel basculement historique se soit fait avec cette rapidité. Mais, pour l’économie du pays, les réformes doivent encore venir du pouvoir politique, hélas en forte déliquescence. Probablement en vain. Et si cette époque était révolue ? Pour résumer, on abandonne un revival des « Trente glorieuses » pour aboutir au néolibéralisme des années 2000, solutions qui ont fabriqué la situation absurde de 2014 : Les ménages et l’Etat n’ont jamais autant dépensé pour se loger, 22 % des revenus des particuliers, 16 milliards d’euros pour l’Etat (3 % du produit intérieur brut).

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