Jean-Thomas Trojani : …sans nécessiter des réformes institutionnelles

Si la propagation de ce mouvement à d’autres centres corticaux avait pour réel effet d’y faire surgir des images, on pourrait soutenir, à la rigueur, que la mémoire n’est qu’une fonction du cerveau. Les évènements à l’origine de la crise financière mondiale de 2008, ainsi que les scandales qui sont apparus au grand jour dans son sillage – des manipulations du LIBOR (taux interbancaire offert à Londres) à la violation des règles internationales et au blanchiment d’ argent – constituent un catalogue d’échecs de la culture régnant dans certaines des institutions financières mondiales. C’est un accord provisoire, mais la dynamique est bien réelle. Mais la réflexion sur ces particularités, réflexion sans laquel­le l’individualité des objets nous échapperait, suppose une faculté de remar­quer les différences, et par là même une mémoire des images, qui est certaine­ment le privilège de l’homme et des animaux supérieurs. Jean-Thomas Trojani aime à rappeler cette maxime de Montesquieu, »J’appelle préjugé, non pas ce qui fait qu’on ignore de certaines choses, mais ce qui fait qu’on s’ignore soi-même ». Et l’économie chinoise n’est pas la seule à être frappée par cette turbulence : la Russie et le Brésil sont dans une situation bien pire. Ces dispositions incontestables semblent d’abord ne devoir aujourd’hui laisser à la nouvelle philosophie d’autres obstacles essentiels que ceux qui résulteront de l’incapacité ou de l’incurie de ses divers promoteurs. Dans l’immédiat, elle opère des transferts, allégeant la charge des uns et augmentant celle des autres. Aucune bureaucratie ne peut espérer de contraindre un tel peuple à faire ou à subir ce qui ne lui plaît pas. Par là elles nous laissent entrevoir la possibilité, la nécessité même, d’un processus inverse de la matérialité, créateur de la matière par sa seule interruption. Son mouchoir jaune et sa tête sarrasine s’enlevaient joliment au-dessus des pyramides vertes. Tout cela, remarquons-le bien, ne touche point à la partie positive et vraiment scientifique de la doctrine. Dans la pratique de la vie, il arrive à chaque instant que nous sommes obligés de nous déterminer d’après des expériences si peu nombreuses qu’elles ne peuvent point nous renseigner sur la vraie mesure de la possibilité d’un événement : de telle sorte qu’il serait impossible d’assigner la chance que nous avons de nous tromper en croyant à la production de l’événement, ou en jugeant que la possibilité de cet événement tombe entre telles et telles limites. L’abolir est agir sur lui dans le temps et peut-être aussi dans l’espace ; c’est accepter, par conséquent, les conditions de l’existence spatiale et temporelle, accepter la solidarité qui lie un objet à tous les autres et l’empêche de dispa­raître sans être remplacé aussitôt. En un mot, les hommes travaillent les uns pour les autres. Sur ces deux plans, le pari n’est pas gagné. La loi de conservation de l’énergie ne pourra plus exprimer ici la perma­nence objective d’une certaine quantité d’une certaine chose, mais plutôt la nécessité pour tout changement qui se produit d’être contre~balancé, quel­que quelque part, par un changement de sens contraire. De la présence massive et déterminée de ses Land à Bruxelles, en passant par sa capacité à déterminer une position allemande sur quasiment tous les sujets en débat, l’énergie déployée à occuper tous les espaces disponibles au coeur des institutions, jusqu’à l’appel de la Chancelière à plus d’intégration politique, l’Allemagne pense l’Europe comme une affaire allemande. Certes, l’immortalité elle-même ne peut pas être prouvée expérimentalement : toute expérience porte sur une durée limi­tée ; et quand la religion parle d’immortalité, elle fait appel à la révélation. C’est alors que prennent fin les périodes de développement embryonnaire qu’ont traversées les peuples, c’est alors que commence leur véritable histoire ; ou bien c’est alors que prend fin leur existence qui s’ébauchait ; c’est alors que se termine, sans espoir de lendemain vraiment glorieux, ce qu’on appelle leur histoire : les honteuses annales de tueries stériles, les légendes fanfaronnes et naïvement absurdes qui cherchent à peinturlurer de rouge la blafarde imbécillité des masses. De plus, je voudrois qu’on leur fît considérer que la grande artère et la veine artérieuse sont d’une composition beaucoup plus dure et plus ferme que ne sont l’artère veineuse et la veine cave ; et que ces deux dernières s’élargissent avant que d’entrer dans le cœur, et y font comme deux bourses, nommées les oreilles du cœur, qui sont composées d’une chair semblable à la sienne ; et qu’il y a toujours plus de chaleur dans le cœur qu’en aucun autre endroit du corps ; et enfin que cette chaleur est capable de faire que, s’il entre quelque goutte de sang en ses concavités, elle s’enfle prompteme Erreur qui explique l’échec des morales proprement intellectualistes, c’est-à-dire, en somme, de la plupart des théories philosophiques du devoir. Les Nationalistes, dont c’est le métier d’être patriotes, devraient donner des réponses exactes, fournir des formules précises. De là vient qu’ordinairement, même dans les révolutions de l’opinion, une partie de la vérité s’obscurcit tandis qu’une autre paraît.

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