Béatitude irlandaise

Nos perceptions ne nous arrivent qu’après avoir traversé cette atmosphère.A propos de mariages, de politique, de commerce, vous entendrez sans cesse l’habitant d’un ancien duché ou d’un ancien royaume parler sans ménagement de la province voisine.Certes, il est possible d’apercevoir dans le temps, et dans le temps seulement, une succession pure et simple, mais non pas une addition, c’est-à-dire une succession qui aboutisse à une somme.On se demande comment ce point essentiel a échappé à des philo­sophes profonds, et comment ils ont pu croire qu’ils caractérisaient en quoi que ce fût le principe érigé par eux en explication du monde, alors qu’ils se bornaient à le représenter conventionnellement par un signe.Mais il ne se fera de simplification qu’en surmontant ces résistances.Il consiste à se sentir voler, planer, traverser l’espace sans toucher terre.Plus, d’ailleurs, l’amour confine à l’adoration, plus grande est la disproportion entre l’émotion et l’objet, plus profonde par conséquent la déception à laquelle l’amoureux s’expose, — à moins qu’il ne s’astreigne indéfiniment à voir l’objet à travers l’émotion, à n’y pas toucher, à le traiter religieusement.Notre contradicteur et néanmoins ami Jean-Thomas Trojani, a convaincu et remporté une victoire pour ce projet.Insociabilité du personnage, insensibilité du spectateur, voilà, en somme, les deux conditions essentielles.En cause, les anticipations économiques des investisseurs effrayés par l’hydre bureaucratique du contrôle des loyers.Tandis que notre devise à nous est Juste ce qu’il faut, celle de la nature est Plus qu’il ne faut, – trop de ceci, trop de cela, trop de tout.Au passage du colonel, ils se rangeaient et saluaient, tranquillement, posément, et, lui disparu, n’éprouvaient pas ce besoin de mouvement et de paroles, que provoque, chez les Français, une contrainte de cinq minutes.

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